Notre réponse à Macron : Nous ne mourrons pas pour leur PIB

A « la date du 11 mai », nous répondons : mise en danger de la vie d’autrui

La 4ème déclaration du président de la République est égale aux précédentes : elle reflète la gestion court termiste et la panique d’un gouvernement soucieux de relancer l’économie sans avoir les moyens de sa politique. La date du 11 mai annoncée de façon péremptoire ne règle pas les conditions du déconfinement. Rien ne laisse supposer en l’état que les masques, les tests, les médicaments seront disponibles non seulement pour les soignants mais également pour le reste de la population. Le retour de millions d’élèves dans des conditions où les gestes barrières ne pourront en aucun cas être assurés met en danger les familles des élèves mais aussi le personnel enseignant et administratif des écoles.
A « la crise économique », nous répondons : revenu de base d’urgence

Ce déconfinement sans plan est une nouvelle faute politique pour lequel ce gouvernement devra rendre des comptes le jour venu comme en témoignent les centaines de plaintes émanant des familles de victimes, de médecins ou d’infirmières, de juristes qui s’accumulent. Ce déconfinement au doigt mouillé a une apparence : celui de donner un cap à une population qui veut savoir où va le pays. Il a une réalité : servir les intérêts des grandes entreprises qui veulent en plus selon les déclarations du Président du Medef et de la secrétaire d’Etat à l’économie « du sang et des larmes » pour leurs salariés à travers la hausse du temps de travail et la suppression des congés payés.

Ce ne sont pas les promesses faites pour les populations les plus fragiles qui rassureront celles-ci. Ce sont des pansements sur une jambe de bois alors qu’un revenu d’existence égal au smic et financé par un ISF coronavirus et sur la redistribution des dividendes des actionnaires pourrait être mis en œuvre dès aujourd’hui.


A « la relance », nous répondons : nous ne reprendrons pas comme avant, parce qu’avant était le problème

Enfin l’absence de toute référence à l’écologie hors la brumeuse référence à la « sobriété carbone » est inquiétante car elle signifie ni plus ni moins que comme durant la crise de 2008, la relance fondée sur une croissance productiviste égale à l’ancienne, est l’horizon d’un exécutif déboussolé. Or la dernière des choses à faire serait de reprendre à l’identique tout ce que nous faisions avant.

A « l’Union nationale », nous répondons : pour une autre Souveraineté populaire

Nous n’avons pas la même définition de la souveraineté populaire que le Président.
Non nous ne sommes pas solidaires avec le Medef qui veut nous faire travailler sans masques, sans gel, sans gants pour maintenir ses profits. Non nous ne sommes pas solidaires avec ceux qui ripaillent dans leurs maisons de campagnes tandis que des millions de gens crèvent dans les quartiers populaires parce que chaque jour qui passe nous montre les inégalités sociales, écologiques, territoriales qui tuent au moins autant que le Covid – 19.

Nous n’avons pas la même conception de la souveraineté populaire que ceux qui comme le Ministère de l’Agriculture ont osé justifier par le Coronavirus que les distances de sécurité entre les habitations et les pulvérisations de pesticides soient réduites au minimum dès le début de la saison des épandages, sans concertation comme prévu. De même, l’exécutif a décidé de pérenniser le droit donné aux préfets de déroger à certaines normes environnementales prévues par l’Administration centrale.

Nous n’avons pas la même conception de la souveraineté populaire que le préfet de Vendée qui a autorisé une intervention contre la ZAD de la Dune à Brétignolles ou de celui qui est intervenu pour réprimer les révoltés du Centre de Rétention Administratif d’Amelot (77).


Pour notre droit à la vie, ils devront rendre des comptes

Nous n’oublierons pas non plus les responsables de cette crise. La gestion par le gouvernement a été catastrophique, notamment sur la question de la fourniture de tout le matériel nécessaire à la protection des personnels des établissements sanitaires. Ce même gouvernement qui s’est montré sourd aux revendications des personnels en grève parfois depuis des mois pour alerter sur la destruction de l’hôpital public.
Face à ce gouvernement, nous devons créer un rapport de force.

Oui, nous sommes capables de nous auto-organiser mais nous le serons également pour réclamer des comptes face aux défaillances de l’État qui mettent aujourd’hui en danger des millions de travailleurs et travailleuses (hospitaliers, mais aussi travaillant dans les EHPAD, dans la grande distribution et dans les plateformes, éboueurs, postièr·es…), forcés d’aller travailler « quoi qu’il en coûte ».

La lutte contre cette maladie du Capitalocène est devenue une question de vie ou de mort.

Nous ne mourrons pas pour leurs bénéfices nets et leur PIB. Nous défendrons notre droit à la vie en mettant en place sur les territoires de nouveaux modes de production et de distribution, de nouvelles relations sociales, en exigeant notre droit de retrait face à l’irresponsabilité de ce gouvernement, gérant d’un capitalisme productiviste en faillite, en imposant, par nos luttes, un autre avenir.


Patrick Farbiaz, Paris, le 14 avril 2020

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