Pour une sortie démocratique du déconfinement, préparons un 1er mai solidaire et de lutte

Le confinement en France a été organisé, comme toujours dans cet Etat très centraliste, avec des modalités nationales et sans concertation. Une attestation à résidence renouvelable chaque jour, contrôlable par la police avec à la clef une amende de 135 euros a été imposée, contrairement à d’autres pays, pour finalement le même nombre de morts qu’en Italie, en Espagne, ou en Grande Bretagne.
Ce confinement ne tient pas compte des inégalités sociales, écologiques, territoriales et générationnelles. Il risque d’être suivi d’un déconfinement avec une date le 11 mai, elle aussi généralisée, avec un seul impératif : remettre au travail une population sans que soit assurées les conditions minimales : masques, tests, gels, gants…., alors que ces conditions minimales ont été à l’origine de la mise en confinement de la population le 15 mars.

Cette mise au pas de la société constituait déjà un coup d’état biopolitique visant à discipliner les corps par manque de préparation à la pandémie. La sécurité humaine a été mise sous cloche par les politiques néo libérales. Ce que nous appelons les 3 « P », le Principe de précaution, la politique de prévention, et le système de protection hospitalière de la population, les 3 P ont été abandonnés au profit de la mise en concurrence systématique au niveau européen des services publics, des principes de compétitivité, du partenariat public-privé, de l’austérité.

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Cette non-assistance de peuple en danger se profile de nouveau au moment du déconfinement. C’est pourquoi, il faut que soit privilégiée une autre logique, décentralisée, autogérée par les citoyens, accompagnée par l’Etat, les communes et les régions. Plus que jamais, les assemblées locales et fédérées doivent « par le peuple et pour le peuple » décider en matière d’alimentation, de logement, de transport, de santé, d’enseignement, de défense du Vivant et d’un environnement sain.

Ce sont aux parents, aux élèves et au personnel enseignant de décider ce qui est valable pour l’enseignement. Il faut donc des RIC locaux pour décider de la reprise ou non le 11 mai. De même, c’est aux assemblées de salariés sur leur lieu de travail de décider de la reprise ou non du travail dans les industries dites non essentielles et d’exercer leur droit de retrait. La gestion des grands ensembles devrait être prise en main par des assemblées de délégués d’immeubles. C’est aux locataires d’imposer une suspension du paiement des loyers ; c’est aux voisins de constituer des brigades de volontaires pour assurer par livraisons le ravitaillement, le nettoyage des immeubles sociaux.
Comme nous l’avons initié par « l’Appel à ne plus recommencer comme avant », nous devons profiter de la période de déconfinement pour créer de nouveaux lieux, reprendre possession des places publiques, en organisant des assemblées populaires locales pour prendre la parole et faire part de nos exigences.

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Le principe de militarisation par la hiérarchisation sociale a été prise en faute en son centre, comme le montre l’exemple du porte avion Charles de Gaulle. Ce ne sont pas les marins et les soldats qui ont pu décider eux-mêmes de leur sort, mais une bureaucratie militaire du ministère de la défense qui a volontairement laissé se dégrader la santé de plus de 1000 marins pour garantir le prestige de la force de dissuasion française. Combien allons nous découvrir dans les centrales, ou les sous-marins nucléaires, les prisons ou les asiles, dans tous les lieux d’enfermements, des scandales similaires aux EHPAD ?

C’est pourquoi, nous devons reprendre en main nos affaires là où nous sommes confinés. C’est ce que nous appelons l’autogestion et le contrôle populaire, l’autonomie sociale, l’auto-organisation. Prendre ses affaires en main, c’est défendre nos vies, notre droit à l’existence. C’est la base d’une politique émancipatrice face à un Etat qui a failli, qui a multiplié les mensonges pour se dédouaner, qui utile le déconfinement pour maintenir une stratégie du choc contre toute reprise du mouvement social.

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C’est pourquoi, le Comité de Coordination Confédéral de PEPS appelle à préparer une sortie démocratique du confinement en agissant, partout où nous sommes, dans le respect des gestes barrières mais de façon déterminée. Comme ces habitants du lieu de vie « collectif, libertaire et écologique » de « La Copainerie » dans la commune rurale de Semons (Isère), qui le 31 mars, ont déployé une banderole « maintenant qu’on a le temps, on le prend et on le garde ». Comme à Pantin, la semaine dernière, des manifestants tous les 2 mètres dans le cadre d’une heure de déplacement physique, chacun avec sa banderole a pu manifester. Comme chaque jour dans tout le pays, aux fenêtres ou sur les terrasses, ou au bas des immeubles, des banderoles et des sonorisations, des chants, des concerts de casseroles contre ce gouvernement qui vient de donner, sans contrepartie, dans le dernier collectif budgétaire, 20 milliards cash aux grandes entreprises sans revaloriser les salaires des soignants. Comme chaque samedi dans les manifs virtuelles organisées par le Collectif unitaire « Plus jamais ça », comme dans les actions de soutien autour des prisons, des CRA, des Foyers de travailleurs migrants de tous les lieux d’enfermements…

Nous proposons que le 1er mai, journée internationale de solidarité et de lutte, soit une préparation générale du déconfinement démocratique à partir du 11 Mai. Organisons dès le matin des « manifs de déconfinement » dans le respect des gestes barrière. Avec des rassemblements par quartiers, par villages, par ronds points ou devant les super et les hypermarchés qui ont carrément doublé les prix de nombreux produits. On peut le faire dans le respect des gestes barrières, à quelques uns, avec des pancartes, comme dans les manifs à l’américaine, espacés d’un mètre. De la projection de vidéos sur une façade de la cour intérieure de son immeuble aux photos des banderoles sur le réseau social, jusqu’à l’organisation d’une manif géante virtuelle à 14 h, chacun , chacune doit faire de ce 1er mai un choc de solidarité, d’entraide populaire et de lutte #PourUnPremierMaiSolidaire.

Le Comité de Coordination Confédéral de PEPS, Lundi 20 avril 2020

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