Communiqué de PEPS sur le 2eme tour des élections municipales

Le second tour des élections municipales sera à l’image du premier : une mascarade, selon les termes employés par l’ex ministre de la Santé Agnès Buzyn. Le taux d’abstention de plus de 50 % du premier tour, se répercutera nécessairement au second et va amplifier la déconnexion entre les citoyens et les élus.  L’état d’urgence sanitaire a empêché que soit respecté le principe d’égalité entre les candidat·e·s en lice. Les maires sortant·e·s qui ont pu gérer seul·es le confinement et le dé-confinement ont bénéficié d’une exposition hors normes propre à fausser les résultats électoraux. Entre ces maires qui ont utilisé la pandémie – et les moyens des communes – pour faire campagne depuis deux mois et leur concurrents, le déséquilibre est flagrant. Cette élection sera réduite à une formalité administrative, ce ne sera pas un moment démocratique et certainement pas un scrutin libre et sincère. C’est donc un mauvais coup de plus porté à la démocratie par le Pouvoir macronien.

 Si dans un grand nombre de villes des alternatives citoyennes ont émergé, celles- ci ne se sont pas vraiment concrétisées. Le chemin est donc long pour qu’une politique communaliste se concrétise à travers des assemblées citoyennes locales. Ce qui était apparu comme une possibilité ouverte par le mouvement des Gilets jaunes doit continuer à se structurer.  PEPS se prononce pour que les élus issus de cette mouvance, comme à Pantin ou à Guingamp, s’organisent pour mutualiser leurs actions et faire bénéficier de leur expérience les futures listes citoyennes. Dans toutes les villes où des listes communalistes et citoyennes ont participé aux élections, il faut que des Assemblées citoyennes, permettant de mettre en pratique le droit à décider,  continuent après l’élection à s’opposer aux puissances de l’argent, à la destruction des éco systèmes et du vivant, à la violence d’État. Que ces assemblées citoyennes participent à  construire ensemble dans nos quartiers, nos communes, nos villages les conditions d’une société soutenable, juste socialement et écologique, et à renforcer les liens entre les alternatives et les résistances au niveau local et national.

Les alliances du deuxième tour ont renforcé la surenchère électoraliste. Elles ont donné lieu à des alliances marquées par le confusionnisme ambiant, surtout à gauche. Dans de nombreuses villes de plus de 10 000 habitants, la force du clientélisme, des baronnies, de la bureaucratisation des élites locales, la perte des repères n’ont pas permis qu’émergent des alternatives de rupture.   Au contraire, les situations où la gauche et l’écologie se sont déconsidérées se  sont multipliées : à Montpellier le ralliement d’une partie des insoumis et des écologistes derrière un milliardaire qui exploite sans vergogne des dizaines de milliers de travailleurs ; à Nîmes le ralliement des mêmes derrière un responsable LREM ; à St- Denis l’exclusion en dernière minute par le PCF d’un animateur de la lutte contre l’islamophobie sont emblématiques de cet électoralisme qui utilise les pires méthodes pour racoler les voix d’une population précarisée. A droite la clarification est faite, puisque des alliances entre LR et LREM ont été conclu en bonne et due forme à Lyon, à Strasbourg, Bordeaux, Clermont-Ferrand, dans le Vème à Paris … LREM est devenue Les Républicains en Marche. Plus rien ne distingue la droite macroniste de la droite sarkozyste.

EELV : qui trop embrasse mal étreint. SI nous constatons que l’écologie « officielle » est en tête dans un certain nombre de villes, les compromis faits avec le PS pour l’emporter vont déporter un peu plus EELV vers un environnementalisme de façade sans rupture avec la logique de métropolisation qui devient désormais la règle. Au Havre, EELV par anticommunisme primaire a choisi de laisser la ville au Premier Ministre Edouard Philippe alors que la liste de Font populaire écologique rassemble communistes, FI, Ensemble et Décroissants. EELV fait de plus en plus le grand écart entre une politique macron compatible et une posture de rassemblement des gauches et des écologistes. EELV est partagée entre les deux âmes de l’écologie : A Marseille autour d’une dynamique de l’écologie populaire, dans nombre d’autres villes, un environnementalisme néo-centriste. Dès le lendemain de l’élection, les militants d’EELV devront choisir entre ces deux orientations.

PEPS soutient les listes où ses animateurs comme à Colomiers en Haute – Garonne ou à Melun sont têtes de liste, où nous sommes présents en position éligible (Limoges, Mulhouse, Brétigny …), les listes de front populaire écologique comme à Marseille avec le Printemps marseillais, l’Archipel à Toulouse. Dans les cas où les listes de rupture comme celle de Bordeaux en Lutte ou de Décidons paris dans le 20eme arrondissement ou Clermont-Ferrand se maintiennent, PEPS appelle à les soutenir. Dans les autres cas, PEPS appelle à faire barrage au rassemblement de la droite et évidemment au RN.

Nous ne voulons pas seulement la défaite de la droite macroniste, LR ou néofasciste. Nous voulons le respect de nos vies, de nos droits, de notre environnement. Nous voulons l’’arrêt des politiques anti écologiques et antisociales Pour cela, les promesses de campagne ne peuvent suffire, il faut rompre avec les logiques économiques qui sont en place et à la vie politique telle qu’elle est organisée. Faute de mécanismes inscrits dans la loi – les oppositions et les habitant·e·s n’ont qu’un droit très limité dans le droit municipal actuel – la plupart des maires ne tiennent pas compte de ces mobilisations citoyennes. Elles sont pourtant de plus en plus vivantes, diverses et créatives, des aspirations municipalistes dans la foulée du mouvement des Gilets jaunes et de l’écologie populaire, en passant l’auto-organisation des habitant·e·s jusqu’à toutes les initiatives de démocratie participative. La crise sanitaire de Covid-19 a montré combien la démocratisation de la vie locale était importante : il est temps que les mécanismes démocratiques soient à la hauteur. Les urgences climatiques, environnementales, sociales et démocratiques ne nous permettent plus d’attendre.

Le Comité de Coordination Confédéral de PEPS,

Le 24 juin 2020

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :