l’édito du lundi. Remaniement : de la poudre de perlimpinpin a la réalité du bloc bourgeois

Paris, le 7 juillet 2020,

Le remplacement d’Edouard Philippe par Jean Castex est un non-événement. Que Macron veuille reprendre directement en main le gouvernement en substituant à un juppéiste technocrate, un technocrate sarkozyste, tous deux issus de LR, ne changera rien à la situation actuelle sauf peut-être qu’elle confirmera pour des millions d’électeurs de la présidentielle de 2017 qu’ils ont été trompés sur la marchandise. En croyant voter pour la deuxième gauche, ils ont voté pour la première droite.

Jean Castex, illustre inconnu est le nouveau fondé de pouvoir, chargé d’appliquer la réforme des retraites, de l’assurance chômage, d’assumer les plans de licenciements, la répression contre les salariés et les jeunes. Il est connu au-delà de Prades par les hospitaliers pour avoir en 2005 instauré la tarification à l’acte dans les hôpitaux, la « T2A », pour les faire fonctionner selon les critères de rentabilité des entreprises. Il fait donc partie des responsables qui ont imposé une politique d’économies et de rentabilité dans les hôpitaux, dont on a vu, avec l’épidémie, le caractère criminel. A ce titre il devrait rendre des comptes à l’égal des ministres de la Santé. La liste des ministres confirme cette appréciation. Ce gouvernement d’énarques et de people est en même temps de droite et de droite, social libéral et libéral social, pro-business et pro CAC 40, antipopulaire et anti écologique. Il est en même temps sexiste et antiféministe : il ose mettre au Ministère de l’intérieur un homme actuellement inquiété pour viol présumé, et à la Justice quelqu’un qui s’est moqué des poursuites juridiques contre le sexisme et les violences faites aux femmes.

 Il est en même temps anti écolo et pro-greenwashing : L’entrée de Barbara Pompili, quatrième ministre en trois ans de la transition écologique, démontre qu’après le départ de Nicolas Hulot, la Macronie n’a personne en magasin pour masquer l’indigence du pouvoir en cette matière. Il lui faut recourir, à la suite de François de Rugy, le homard de la République, à des soldats perdus d’EELV qui suivent la transhumance de la politique à la manière « des moutons de Panurge ». L’expression désigne un suiveur à l’esprit grégaire, qui imite sans se poser de questions, qui suit instinctivement ce que fait le plus grand nombre et se fond dans un mouvement sans exercer son esprit critique ou faire preuve de l’intelligence qu’on peut espérer d’un être humain. Cette définition sied à la nouvelle Ministre qui connaît tout de la transition en politique et rien de l’Ecologie populaire. Elle a été battue avec sa liste de marcheurs aux dernières municipales avec 9% des suffrages exprimés.  Après le Grenelle de l’Environnement, Sarkozy avait eu cette phrase passée à la postérité : l’environnement ça commence à bien faire. Après la Convention Citoyenne sur le Climat, Macron, en nommant Pompili, n’a même pas besoin de parler. Le signal est suffisant : l’écologie c’est pas son truc.

Macron n’a donc plus besoin de se cacher. Son jeu de chaises musicales consiste à renforcer son socle électoral, le bloc bourgeois et élitiste, en l’élargissant à tous les courants de la droite de gouvernement. Pour reprendre les analyses de René Rémond : une droite orléaniste de type UDF matinée d’un zeste de gaullisme social et de bonapartisme par son chef.  Ce pouvoir a une double devise : diviser et punir. Il divise en opposant entre elles les générations, les groupes sociaux, celles et ceux qui n’ont pas la même couleur de peau, les territoires. Il punit par sa police en réprimant comme jamais les manifestations, en matraquant, mutilant, en requérant à une gestion coloniale des quartiers, en poursuivant devant les tribunaux ceux qui le contestent comme le Gilet Jaune Roland Veuillet, condamné le 2 juin à 12 mois de prison dont 6 mois ferme.

SI Macron ne se cache plus, c’est qu’il estime que la gauche et les écologistes, que les classes populaires seront divisées à cause du poison du présidentialisme. Pourtant rien n’est joué. Après la belle victoire de Marseille, gagnée sur la base d’un processus qui a amené au dialogue les forces politiques et le mouvement associatif local, il serait inconcevable de repartir sur le casting habituel des leaders auto proclamés. Cela suppose que nous en finissions avec le fétichisme de l’incarnation. Michèle Rubirola n’était connue de personne en dehors des cercles militants. Elle a montré qu’il était possible de gagner, malgré l’opposition d’EELV au premier tour qui l’avait suspendue, et malgré le non-engagement du député de Marseille, Jean Luc Mélenchon. Les raisons de ce manque de soutien ? Michèle Rubirola défend un rassemblement de Front Populaire Ecologique fondé sur un collectif de mouvements citoyens et de de formations politiques réunies autour d’un objectif clair : en finir avec le clientélisme, le népotisme, le clanisme, la corruption.

Les élections locales n’ont pas les mêmes enjeux que la présidentielle. Macron le sait et base sa politique sur un affrontement avec Le Pen. C’est pour cet objectif qu’il a besoin de démontrer qu’il est le seul candidat crédible du bloc bourgeois.

Dès lors, comment lutter contre cette mascarade, sinon en partant des exigences issues de la souffrance des classes populaires ? Nous ne lâcherons rien face aux urgences sociales, écologiques, démocratiques.

  • Dès le 11 juillet contre le retour des expulsions, contre les loyers chers, nous serons pour le Droit au logement dans la rue avec les mal-logés, les résidents des Foyers de Travailleurs Migrants, les locataires.
  • Le 14 juillet, nous marcherons de la République à la Bastille pour une fête citoyenne avec les soignants, et tous ceux qui refusent la politique de destruction des droits sociaux, au moment même où Macron après son casting, nous racontera son scénario. Le 14 juillet, il est à nous !   Jusque dans les années cinquante cette journée était l’équivalent du 1er Mai. Elle est devenue une simple parade militariste où les présidents font défiler leurs engins de mort et leurs légionnaires. Avec les Gilets Jaunes, les syndicalistes, les Sans-papiers, les écologistes radicaux, redonnons son sens à cette journée : que le 14 juillet redevienne la journée des révolutionnaires qui avaient détruit la prison et renversé le monarque de l’époque.
  • Le 18 juillet enfin, nous serons à Beaumont sur Oise avec le Comité Adama contre les violences policières et pour une République plurielle, antiraciste et décoloniale pour l’anniversaire de l’assassinat d’Adama Traore.

Contre le Bloc Bourgeois, s’unir pour ne plus subir, c’est possible. Notre seul ennemi c’est la résignation et la division. Notre seul obstacle c’est notre impuissance. Face à la poudre de Perlimpinpin de Macron, nous avons une potion magique, le bloc populaire !

Macron destitution !

Patrick Farbiaz

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